FÉDÉRATION FRANÇAISE DES ASSOCIATIONS DES CHEMINS DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE
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Accueil Europa Compostela® : Témoignage de Coline pèlerine Belge

Actualité publiée le 16-12-2017
Témoignage de Coline pèlerine Belge accueillie, conseillée et aidée par Jeanne à l'accueil Europa Compostela® de la FFACC au Puy-en-Velay.


Bonjour!

Je suis Coline, une pèlerine arrivée au Puy-en-Velay au début de septembre dernier (2016), un peu perdue et avec 1000 euro en poche pour rallier Santiago. Merci Jeanne pour ton aide inespérée, toi qui m'a trouvé un logement pour le soir et qui m'a réservé une semaine de gîtes en fonction de mes moyens! Cette première semaine un peu couvée m'a bien aidée à me lancer en confiance et par la suite j'ai dormi dans des garages et des églises, et une fois dans les bois près de Cahors. J'ai eu un peu peur au début mais quand je me suis réveillée vers minuit, la forêt était si calme que je me suis sentie comme chez moi et tout à fait apaisée.

Une fois arrivée en Espagne, j'ai pu un peu moins penser à l'argent parce que les lits sont moins chers et que les pèlerins font souvent à manger ensemble. Tout au long du chemin j'ai rencontré des gens fantastiques et nous nous sommes entraidés. Nous sommes tous pèlerins: l'âge et la condition sociale s'effacent d'eux-mêmes avec les pas et la douleur. J'ai redécouvert le plaisir des sensations de base de manière puissante: le réel besoin de manger, le plaisir sans pareil d'être au chaud dans un lit, la sensation de la soif qui s'apaise et la compassion vécue dans sa chaire pour celui qui souffre.

Le défi est de revenir à la vie 'réelle' et de ne pas oublier ce qu'on a appris sur le chemin. Parfois je vais au travail et je suis fatiguée et je n'ai pas envie de laisser ma place dans le train. Parfois je vois un gars avec son chien dans la rue qui mendie et je me dis 'est-ce qu'il n'a pas un peu choisi d'être là?' Alors je me souviens d'à quel point j'étais fatiguée à la fin d'une journée de marche et comme me réchauffais le sourire d'un hospitalier ou encore que je suis partie sans beaucoup d'argent, que j'ai choisi de faire ce voyage mais qu'on m'a quand même aidée, sans poser de questions. Mais parfois aussi je n'y pense plus et c'est là que je dois faire attention!

Deux belles histoires me reviennent en évoquant le pèlerinage: il est 4h du matin et j'attends mon covoiturage pour le Puy-en-Velay à la frontière entre la Suisse et la France quand une voiture de sport s'arrête juste devant moi. Comme j'ai mon sac à dos avec moi, j'ai peur que le gars me prenne pour une ado fugueuse, une proie facile, et je me fais un visage sérieux et déterminé. Mais l'homme dans la trentaine qui descend de la voiture me propose un sandwich qu'il avait acheté pour un ami malade qu'il est allé voir à l'hôpital mais son ami n'a rien mangé. Justement je mourrais de faim! Comme il est musulman, on discute religions et pèlerinages tout en mangeant, et puis il repart. Comment mieux commencer!? Et ce sandwich, comme je n'avais pas beaucoup d'argent, sans rire il m'a fait trois repas.

Je me souviens aussi d'un midi où il ne me restait à manger qu'un peu de pain, une carotte et deux biscuits. L'amie avec laquelle je marchais à ce moment-là avait encore du saucisson et des noix de cajou. A deux ça faisait un repas complet! :)

Voilà, c'est bien plus que les dix lignes, mais je te devais bien ça Jeanne, vu le retard avec lequel je les envoie! Je suis revenue fin Octobre en Belgique et j'ai commencé mon premier job, je suis prise dans la vie quotidienne mais j'essaie de rester en pèlerinage dans mon cœur.
Coline

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