“Patience et Unité…”

…pendant que le Chemin de Compostelle attend les pèlerins

Veuillez-trouver ci-dessous la lettre parue sur le site internet de la fédération espagnole FEAACS à la suite de la réunion du Consejo Jacobeo. 

Traduction réalisée par José TORGUET : Président de l’Association des Amis de Saint-Jacques de Compostelle de Gradignan

Federación Española de Asociaciones de Amigos del Camino de Santiago 
Camino de Santiago. 18 de Abril de 2020 
“Patience et Unité” pendant que le Chemin de Compostelle attend les pèlerins 
[COVID19] 

PATIENCE, parce que le « Chemin sait attendre » et UNITÉ face à l’état d’urgence provoqué par le COVID-19, telles ont été les consignes soulignées à la Table Ronde qui s’est tenue jeudi dernier, pour discuter de l’état actuel du Chemin de Saint-Jacques et des mesures de mobilité mises en place en raison de l’état d’urgence du COVID-19. Ont participé au débat des représentants du ministère de la Culture et des Sports, du ministère des Finances, des communautés autonomes de Galice, de Castille-León, des Asturies, de La Rioja, de la Navarre, d’Aragon et du Pays Basque, du Xacobeo, de l’Association des Municipalités du Chemin de Saint-Jacques (AMCS), du Groupement d’Associations du Chemin du Nord, de l’Association des Amis des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle des Pyrénées-Atlantiques et de la Fédération Espagnole des Associations d’Amis du Chemin de Compostelle (FEAACS).
A la Fédération Espagnole, nous observons deux façons de percevoir le Chemin : le point de vue de la « spiritualité », où l’essence du Chemin influence le pèlerin, dans un exercice régénérateur d’introspection, de réflexion, qui facilite l’éveil à une stabilité personnelle et qui est, avec la pratique de l’Accueil prônée par les « Hospitaliers Volontaires », le motif fondamental pour que le pèlerin revienne sur le Chemin ; et le point de vue de la « dynamisation », où c’est le pèlerin qui influence le Chemin, à travers un échange social, culturel, gastronomique, économique enrichissement à tous les niveaux et, pourquoi pas, en aidant à pallier le problème de l’Espagne vidée de son passage. Mais les deux manières de comprendre le Chemin, sont absolument compatibles et complémentaires.

Le sentiment général des participants a été l’inquiétude et l’incertitude ; inquiétude quant à l’impact que le confinement et la restriction de la mobilité sont en train de produire sur les chemins de Compostelle, sur les populations qui se trouvent sur leur tracé et sur leurs habitants, à fortiori si leur économie et leur bien-être dépendent de la présence et du passage des pèlerins ; incertitude face à un scénario global, changeant et inconnu qui a réussi à « fermer » le Chemin pour la première fois de son histoire.

Une situation curieuse de blocage se pose, car les propositions qui peuvent être faites seront subordonnées à la réglementation qui pourra être appliquée selon le moment et qui, à son tour, dépendra de l’évolution de la situation. La sécurité est fondamentale, l’application de mesures d’hygiène et de santé publique adéquates seront essentielles, il est prudent de procéder avec précaution. Tous ensemble, y compris les pèlerins, nous serons en mesure de redonner confiance à un Chemin sûr, en attendant : PATIENCE.

Il est plus que probable qu’au moment où les restrictions de mobilité commenceront à être levées, des pèlerins commenceront à apparaître ; c’est pourquoi, nous, la Fédération Espagnole, souhaitons envoyer un « Avertissement aux Equipages » « PATIENCE, attendez les recommandations des autorités, évitez des risques et des préjudices inutiles ». Les pèlerins étrangers attendent aussi des informations provenant d’Espagne à propos du Chemin et de l’ouverture des frontières ; mais nous savons, par leurs associations, que tant qu’ils ne recevront pas la confirmation que le Chemin est sûr, ils réprimeront avec sagesse leur désir de pèlerinage. Selon les propres paroles de J.L. Aspirot, « l’Espagne dispose des abreuvoirs, mais la France a la clé du robinet », ils attendront patiemment l’autorisation de nos autorités pour ouvrir ce robinet.

Le sentiment général, face au scénario que nous sommes en train de vivre, est qu’on ne prévoit pas l’ouverture du Chemin aux pèlerins au cours de cette année 2020. Autant l’on veillera à ce que, pour l’instant, le pèlerin ne prenne pas le Chemin, autant on pourra aussi rapprocher le Chemin du pèlerin. Certains événements qui devaient avoir lieu pendant ce temps de confinement peuvent être convertis en format numérique pour que les pèlerins puissent profiter d’un Chemin soutenu par la technologie, à travers des visites virtuelles, des concerts, des documentaires, de la littérature… Certaines actions sont déjà en cours mais elles peuvent être développées pour maintenir vivant l’imaginaire du Chemin de Saint-Jacques.

Et en attendant, que faisons-nous ? Car l’engagement accepté par tous est celui de la collaboration et de la coordination : UNION. Prenons ce temps de réflexion comme une opportunité pour étudier et redimensionner le Chemin, identifier des thèmes concrets et les analyser. L’engagement de la Fédération Espagnole visera à renforcer les concepts de spiritualité et d’accueil que nous avons mentionnés, valeurs fondamentales de ce que nous appelons le pèlerinage traditionnel et qui ont été assombries ces derniers temps par une idée confuse de ce qu’est cette expérience, une idée plus proche des loisirs ou du tourisme.

Entre-temps, nous Fédération Espagnole des Associations Jacquaires, nous vous demandons aussi à vous pèlerins : Patience, Unité. 

Nous nous reverrons sur le Chemin !

Federación Española de Asociaciones de Amigos del Camino de Santiago